COMMUNIQUE DE PRESSE N°01/GT-DLP/2017


RESTRICTION DES LIBERTES PUBLIQUES, UN DANGER POUR LA DEMOCRATIE AU KASAI ORIENTAL

Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme du Kasaï Oriental réunis au sein du Groupe de Travail – Droits et Libertés Publiques sous la Coordination de CODESCI, sont très  préoccupées par la dégradation de la situation des Droits de l’Homme au Kasaï-Oriental, particulièrement dans la ville de Mbujimayi depuis l’annonce de la tenue des marches par les regroupements politiques  des partis politiques membres de la Majorité Présidentielle pour le 28 octobre 2017, celle de l’opposition politique avec les Mouvements citoyens le 30 octobre 2017.

La marche des parties politiques de la Majorité Présidentielle qui visait à soutenir le calendrier électoral et le respect de l’Accord Politique Global et Inclusif de la Saint Sylvestre 2016 aurait été annulée par leur organisateur par respect de l’Arrêté du Maire de la ville de Mbujimayi du 24 octobre 2017 interdisant les manifestations publiques dans sa juridiction. Tandis que celle des partis membres du Rassemblement politique de l’opposition et les Mouvements citoyens aurait été maintenue par leurs organisateurs estimaient-ils, ayant informés l’autorité urbaine de la tenue de la marche pacifique du 30 octobre 2017 qui reclamait l’application intégrale de l’Accord Politique Global et Inclusif et une transition politique sans Mr KABILA comme Président.

En effet, selon plusieurs sources concordantes, Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme membres du Groupe de Travail – Droits et Libertés Publiques ont enregistré la nuit du 29 octobre 2017, le cas d’enlèvement par des hommes armés et cagoulés, de Mr John MBOMBO, avocat, Président interfédérale du parti politique Alliance des Démocrates pour le Progrès, en sigle ADP du Kasaï-Oriental et Porte-parole du G7, au sortir d’une réunion au Gouvernorat de province avec le Gouverneur. Mr John MBOMBO a été retrouvé le matin du 30 octobre dans un ravin, avec des traces de torture et ligoté.

En outre, une trentaine des personnes ont été interpellées le 30 octobre, dont Mr Denis KALOMBO, président fédéral de l’UDPS amené dans une jeep Toyota land cruiser de couleur blanche par des policiers en cagoule ; 4 militants de la LUCHA arrêtés par la Police au niveau de la commune de Dibindi : Mr Junior MPIANA, Mr Jean Claude CIAMALA, Mr Barnabé CIBANDA et Mr Alain KALALA ainsi que Mr Freddy TSHIAMALA TSHIENDA, Christophe MUTEMUNAYI SHANDUBA et Nestor MUDIAYI, arrêté dans leur maison au quartier Muluma Musulu dans la Commune de Dibindi et acheminés à l’inspection provinciale de la Police. Les autres personnes arrêtées, seraient transférées dans d’autres cachots dont la visite a été refusée ou conditionnée à un paiement.

Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme membres du Groupe de Travail – Droits et Libertés Publiques tout en rappelant que la torture dont serait victime les personnes enlevées et arrêtées est une infraction imprescriptible qui engage la responsabilité des auteurs matériels et moraux, condamne toute restriction des libertés publiques dont la Décision du maire de la ville de Mbujimayi interdisant les manifestions publiques. Cette Décision viole les dispositions de l’article 26 alinéa 1 et 2 de la constitution en vigueur, qui dispose : «La liberté de manifestation est garantie. Toute manifestation sur les voies publiques ou en plein air, impose aux organisateurs d’informer par écrit l’autorité administrative compétente. Nul ne peut être contraint à prendre part à une manifestation. La loi en fixe les mesures d’application ».

De ce qui précède, Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme membres du Groupe de Travail – Droits et Libertés Publiques, invitent et recommandent : 

Aux autorités Politico-Administrative et policières de :

- Respecter et faire respecter toutes les dispositions constitutionnelles sans partie pris ; - Garantir le droit à la manifestation publique et encadrer les manifestants.

Au commissaire Provinciale de la Police :

- D’instruire les policiers commis à la sécurité des personnes et de leurs biens à s’abstenir à soumettre des traitements inhumains et dégradants les personnes arrêtées et à s’abstenir des actes qui violent le droit à une manifestation publique pacifique.

Aux membres des partis politiques :

- D’user des dispositions constitutionnelles en matière des libertés publiques pour revendiquer

Aux membres de la Société Civile de :

- De mener régulièrement des monitorings en tant que Dynamique citoyenne multiacteurs en vue de déclencher des alertes citoyennes pouvant contribuer à réduire, grâce aux dénonciations, les cas de violation des droits humains issus de la gestion des libertés publiques.


Fait à Mbujimayi, le 9 novembre 2017

Les Organisations de Défense des Droits de l’Homme membres du Groupe de Travail – Droits et Libertés Publiques : 1) CODESCI 2) CJAKOR 3) IFEM 4) ADID 5) CODHELEC 6) CDH-Mbujimayi 7) COFAP-DH 8) UAAPM 9) ADI 10) ASSOPHAKOR 11) ACDEV 12) REPALEF

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